Spécificités du Parc
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Le grès : constructeur de villages et dessinateur de paysages Le Gâtinais français est habité depuis des temps très reculés. Les hommes préhistoriques y ont laissé leur empreinte… Ne vous méprenez pas sur la région que vous visitez lorsque vous croiserez un menhir ou un dolmen… Vous êtes bien dans le Gâtinais français ! Le sous-sol est en effet composé de grès, les hommes préhistoriques puisaient dans le sous-sol pour l’en extraire. Des milliers d’années plus tard, les hommes y trouvent toujours leur matière première, le grès, matériau noble à la fois doux et rude, résistant au temps et aux pas, pour construire maisons, colombiers, ponts, rues, halles... La halle de Milly-la-Forêt est un exemple de ce que les hommes construisaient au 15e siècle, savant alliage du grès (pour les socles) et du bois (pour la charpente). Le Gâtinais français compte de nombreux villages de grès, mais cette pierre ne sculpte pas seulement les villages, elle n’hésite pas à apparaître au flanc des plateaux ou au cœur de la forêt sous forme de chaos gréseux, et forme parfois d’étranges paysages : à Larchant, par exemple, faites travailler votre imagination et découvrez l’éléphant ou la Tortue. A Noisy-sur-Ecole, le temps a façonné le grès pour former la Mer de Sable, étendue de sable blanc très fin, au cœur du Massif des Trois-Pignons, avec planté en son centre, un rocher nommé « le Cul-du-Chien ». Ce même massif abrite également des platières gréseuses, grandes plaques de grès, sur lesquelles se développent une faune et une flore bien spécifiques et très originales, notamment au Coquibus. Citons l’exemple de ce petit crustacé quasiment endémique, capable de se développer quand la mare de platière est pleine, de stopper tout développement quand la mare s’est asséchée, et de reprendre sa croissance aux premières pluies…L’eau, source de vie L’eau dessine également les paysages du Parc naturel régional du Gâtinais français, traversé par trois rivières, la Juine, l’Essonne et l’Ecole, et bordé au nord par un fleuve, la Seine. De nombreuses traditions y sont attachées, car l’eau a toujours été intimement liée à la vie des hommes. L’eau est bien sûr présente avec les rivières et leurs vallées, mais on la retrouve également sous forme de mares, très présentes dans le Gâtinais français : les mares de villages, qui servaient à abreuver les animaux et constituaient des réserves, les mares de forêt, plus ou moins importantes selon les saisons, indispensables à la survie des animaux sauvages, les mares de platières, qui apparaissent après la pluie sur ces espaces de grès et disparaissent sous l’effet de l’évaporation, et enfin les mouillères, présentes surtout sur les terres agricoles, résultant d’un surplus d’eau sous-terrain ou de ruissellement des eaux de pluie. Les mares font donc évoluer le paysage au fil des saisons. Le cresson de fontaine Dès l'Antiquité, on avait remarqué les qualités de cette plante qui poussait à proximité des sources et des fontaines. Typique des fonds de vallées, laa culture de cette plante aquatique se fait dans une eau de qualité contrôlée. Le cresson est apprécié pour ses teneurs élevées en vitamines et oligo-éléments essentiels, et sa saveur poivrée si particulière. 40 % de la production nationale de cresson provient des exploitations essonniennes du Parc naturel régional du Gâtinais français. 10 cressiculteurs ont reçu la marque Parc en 2000. Le miel du Gâtinais Au milieu du XIXe siècle, le miel du Gâtinais était le plus consommé dans la capitale. Le plus recherché pour sa couleur claire, sa transparence, son onctuosité et sa saveur douce provenait de la région située entre Pithiviers, Fontainebleau et Etampes, correspondant au territoire du Parc. C'est surtout le sainfoin qui conférait à ce miel ses caractères propres. Il a en effet été cultivé tant que les chevaux étaient utilisés pour le transport et l'agriculture, car cette culture, à l'instar d'autres fourrages, présentait un grand intérêt écologique, par exemple pour des oiseaux comme l'Outarde canepetière. Aujourd'hui encore le miel du Gâtinais est apprécié, sous ses formes les plus variées : en pot, en pain d'épice, bonbons… et intervient dans la composition de la bière du Gâtinais, pour la dernière fermentation en bouteille. De l'orge à la bière du Gâtinais Les terres du Parc naturel régional du Gâtinais français sont particulièrement propices à la culture de l'orge de qualité brassicole. Elle est très recherchée par les brasseurs et s'exporte au-delà des frontières nationales mais aussi internationales. Depuis l'An 2000, un groupement d'agriculteurs exploitant l'orge brassicole a élaboré une bière du Gâtinais, la Gâtine. Sa particularité : une dernière fermentation en bouteille avec le miel du Gâtinais. Les plantes médicinales et particulièrement la menthe poivrée de Milly-la-Forêt La vallée de Milly-la-Forêt est le berceau de la culture des plantes médicinales dont la célèbre menthe de Milly, la qualité des sols sablonneux lui étant propice. Cette spécialisation remonterait au XIIe siècle. Sous la révolution, des habitants qualifiés "d'herboristes" cultivaient les plantes médicinales. Vers 1850, les Simples représentaient une grande partie de l'économie de la vallée de l'Ecole et ont laissé leur nom à la Plaine des Simples. On y cultive aujourd'hui les plantes aromatiques. La menthe poivrée de Milly, plus mentholée que les autres menthes, est très recherchée par les amateurs. On la consomme en infusion, en sirop, en bonbon, … Quelques producteurs maintiennent encore cette culture très appréciée. Quant aux Simples cultivées dès le XIIe siècle (absinthe, bardane, digitale, mélisse, souci…), on les retrouve au Conservatoire National des Plantes Médicinales, Aromatiques et Industrielles de Milly, qui a une double activité scientifique et touristique. Des patrimoines fragiles Bien qu’elles soient typiques et uniques en Ile-de-France, ces belles ambiances paysagères sont très vulnérables et subissent les aléas du développement contemporain : extension des villes et pression urbaine, proximité de la capitale appelant un tourisme de masse, désertification et dévitalisation… Le Gâtinais français avait donc depuis toujours la vocation d’être un Parc naturel régional, en tant que territoire rural fragile et menacé, au patrimoine naturel et culturel remarquable, qui s’organise autour d’un projet pour assurer durablement sa protection, sa gestion et son développement économique et social. |